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Ferrer fait chuter Nadal

ROLEX MONTE-CARLO MASTERS 2018
18.04.2014

David Ferrer a créé la sensation sur le Rocher, vendredi en quarts de finale. La tête de série n°6 du Monte-Carlo Rolex Masters a pris sa revanche de la dernière finale de Roland-Garros en dominant de la tête et des jambes le n°1 mondial et octuple vainqueur en Principauté, Rafael Nadal (7/6, 6/4 en 2h13).

Dans la famille Nadal, à commencer par le tonton et entraîneur de Rafael, Toni, le fatalisme est une manière d’envisager la vie de joueur de tennis. Peu importe que Rafa soit considéré par beaucoup comme le meilleur de l’histoire sur terre battue. Peu importe que Rafa ait à son actif huit titres à Roland-Garros et huit titres au Monte-Carlos Masters. Peu importe que Rafa ait signé 300 victoires sur ocre dans sa carrière, dont 50 à Monaco. Chez les Nadal, l’humilité n’est pas une pose et l’on prend sérieusement chaque adversaire comme un tombeur potentiel. Sur le mode : ça ne peut pas durer ; et il faut bien que toute série ait une fin.

Eh bien, les Nadal n’ont pas tort. En ce vendredi de quarts de finale au MC.C.C., la fin de série a pris les traits d’un David Ferrer au sommet de son art. Car si Rafael Nadal était, lui, clairement en-dedans compte tenu de ses standards, en revanche, David, c’était Goliath. Et il ne fallait de toute façon rien de moins que l’excellence pour permettre au finaliste de l’édition 2013 de Roland-Garros de remporter sa première victoire sur son prestigieux cadet sur terre battue depuis… 2004. Il y a dix ans, alors que Rafa n’était âgé que de 17 ans, « Ferru » l’avait en effet battu sur l’ocre de Stuttgart. C’était le premier affrontement entre les deux hommes, et la dernière fois que l’aîné s’imposerait face à lui sur terre.

Mais en cette journée de vendredi, le natif de Javea a mis les points sur les « i » d’entrée de jeu. Son premier point, sur sa mise en jeu, a été un bon indicateur : deux coups de raquette ; une grosse première suivie au filet. Et le break fort logiquement réussi le premier (2-0). Tandis que lui trouvait les lignes, envoyait à pleine puissance son coup droit en extension, gambadait avec beaucoup de fraîcheur et n’hésitait pas à venir terminer les points au filet, Rafael Nadal, lui, donnait beaucoup, notamment en coup droit. Jamais son lift n’aura trouvé suffisamment de hauteur et de longueur pour gêner son adversaire.

Bien sûr, la vie de David Ferrer sur ce court central bondé n’a pas été un long fleuve tranquille. Car même face à un Nadal clairement en petite forme et en panne de confiance, le moindre petit coup de moins bien se paie. Et Rafa a peiné, mais Rafa a lutté. Seize minutes durant et à sa sixième balle de débreak pour recoller à 2-1. Un nouvel échange de break-débreak derrière et une lutte acharnée jusqu’à un tie-break inévitable. Et mieux entamé par le n°1 mondial (1-0). Avant que celui-ci ne s’effondre et laisse « Ferru » aligné sept points consécutifs pour empocher la première manche. Après 1h25 de lutte.

Dans la foulée, la deuxième manche n’a pas été un cavalier seul. Mais elle a elle aussi tourné à l’avantage de David Ferrer. Nettement. Face à un Rafael Nadal toujours en panne de première balle, il a réussi le break dès le troisième jeu (2-1), avant de doubler la mise dans le septième jeu (5-2). Avant de trembler une première fois au moment de servir pour le gain du match (5-3). Et de craindre un retour en force de Rafa, toujours guerrier, mais sans sa foi habituelle. 5-4 après 2h08 de jeu. Et cette fois, le bras qui n’a pas tremblé au moment de conclure. Un dernier revers de Rafa dans le filet a offert à David Ferrer la victoire. L’une des plus belles de sa carrière. Et avec elle, une place dans le dernier carré du Monte-Carlo Rolex Masters. Face à Stanislas Wawrinka.