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Wawrinka dans le 1000 !

ROLEX MONTE-CARLO MASTERS 2018
20.04.2014

Wawrinka, le nouveau Prince…

Si Stanislas Wawrinka pouvait n’affronter Roger Federer qu’à Monte-Carlo, il serait sans doute comblé. Dimanche 20 avril 2014, le Suisse a en effet signé sa deuxième victoire en autant de confrontations contre son compatriote sur le central du Monte-Carlo Country Club (4/6, 7/6, 6/2 en 2h13), cinq ans après celle obtenue en 1/8e de finale en 2009. Et si, à l’époque, Roger venait tout juste de convoler avec son épouse Mirka, cette année, c’est la Suisse toute entière qui était conviée à la noce pour une première finale 100% helvétique en Masters 1000.

Une finale qui ne restera pas, soyons honnête, dans les annales pour sa qualité de jeu, mais qui en revanche, marquera l’histoire à bien des égards. Premier titre en Masters 1000 pour Wawrinka, trois mois après son premier titre du Grand Chelem à l’Open d’Australie. Quatrième finale perdue à Monaco pour Federer après celles de 2006, 2007 et 2008 contre Nadal. Au classement, le premier conforte sa troisième place et son statut de n°1 national.

Pourtant, à en juger par l’entame de cette finale, Wawrinka semblait particulièrement tendu face à celui qui demeure, comme il le dit « le meilleur joueur de tous les temps et qu’il faut remercier pour tout ce qu’il apporte au tennis depuis tant d’années. » Il multipliait les fautes directes, tant en revers qu’en coup droit (34 au total pour 33 coups gagnants), feignait d’agresser son adversaire sans le faire vraiment. De l’autre côté du filet, Federer se montrait également plutôt hésitant (38 fautes directes sur l’ensemble du match pour 21 coups gagnants). Installé dans un faux rythme, le match tardait à s’emballer. Et c’est un peu bonant malant qu’après un break offert à 3-2, Federer empocha le premier set 6/4 en 42 minutes. Wawrinka osa alors un « juron » envers lui-même pour s’extirper de cette torpeur, mais ne récolta, dans un premier temps, qu’un warning de l’arbitre.

Après un échange de break à l’entame de la seconde manche (Wawrinka puis Federer), de grosses gouttes de pluie interrompirent la rencontre quelques minutes au changement de côté du 5e jeu. Une façon de mettre un peu d’eau dans des rouages qui couinaient, afin de délayer le bras des deux finalistes ? Jusqu’au tie-break, pas vraiment. Roger Federer allait-il enfin remporter le Monte-Carlo Rolex Masters, l’un des seuls qui lui résistent avec Rome et Shanghai ? C’était sans compter sur le mental de Wawrinka, bien décidé à effacer ses deux défaites en finale de Masters 1000 à Rome en 2008 et à Madrid l’an dernier. Même si Federer écarta deux premières balles de set à 6 points à 3, Wawrinka égalisa à une manche partout en suivant sa première balle au filet pour conclure d’un smash impeccable.  Le « Come On » rugit alors comme une libération, tandis que le soleil fendait les nuages.

Dès lors, Wawrinka ne laissa plus respirer Federer et afficha la même puissance impressionnante que durant toute la semaine. 4-0. Puis 5-2. « Ola » des 10000 spectateurs du Central et un « Bravo merci » plein d’humour de Cédric Mourier depuis sa chaise…

Bob Sinclar, installé dans le box de Roger Federer au lendemain d’une nuit de mixes endiablés au Jimmy’z, célèbre discothèque monégasque située à quelques encablures du Monte-Carlo Country Club, applaudit alors ce dernier coup droit gagnant de Wawrinka. A Melbourne, Stan n’avait pas laissé éclater sa joie par respect pour Nadal, blessé. A Monaco, non plus. Federer est son ami. Son maître. La référence absolue en Suisse et dans le monde. Mais la combinaison d’un premier titre en Grand Chelem et d’un premier titre en Masters 1000 va assurément renforcer la confiance en lui d’un joueur dont le tennis est apprécié depuis tant d’années. Restait à gagner de grands tournois. C’est chose faite, et de quelle manière, depuis le début de la saison 2014. « Ma femme n’avait pas eu la chance d’assister à ma victoire en Australie. Aujourd’hui, elle est là, à mes côtés, à Monaco. Et je suis heureux… » lança Wawrinka au micro, la Coupe des Princes serrée contre lui. Heureux comme un Prince à Monaco…