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Nadal Rafael

MONTE-CARLO ROLEX MASTERS 2019
21.04.2018

R. NADAL/G. Dimitrov
6/4, 6/1

Interview de RAFAEL NADAL

Q. Envie d’entrainement après ce match ? Vous vouliez avoir de meilleures sensations ?
R. Après ce match ? Rien de nouveau, je l’ai fait souvent dans ma carrière. J’étais un peu nerveux au début du match et je voulais faire quelques coups droits gagnants en vue de demain, c’est tout.

Q. C’est pour cette raison que vous avez pris le téléphone tout de suite après le match ?
R. Oui, j’ai envoyé un texto à Carlos pour qu’il me réserve un court rapidement, c’est tout.

Q. Après 4/4, vous avez gagné sept jeux d’affilée. Avez-vous changé quelque chose pour améliorer votre niveau ?
R. Non. J’ai été solide. Le premier set a été très difficile jusqu’à 4/4, avec beaucoup de jeux très serrés. J’ai fait une grosse erreur à 3/1. J’ai fait un très mauvais jeu et il est revenu. Puis j’ai eu cette balle de break, deux même je crois, pour 5/3 et j’ai raté un coup droit le long de la ligne. J’ai eu beaucoup d’occasions dans le premier set qui m’auraient permises de mener davantage au score et je ne les ai pas converties. A 3/1, j’ai joué un très mauvais jeu. J’étais confronté à l’un des meilleurs joueurs du monde, il est numéro 5 je crois, et le match est devenu difficile. J’ai eu un peu de chance quand il a fait deux double fautes à 5/4, et une erreur de coup droit. Cela m’a donné un avantage. Et j’ai fait un beau point pour terminer le set. Au second set, il a commencé à faire plus d’erreurs, plus que d’habitude. J’ai été solide de mon côté. C’est tout.

Q. Vous dites que vous n’aimez pas les chiffres, mais c’est votre 12e finale ici, vous avez gagné 10 des 11 matches joués, êtes-vous aussi impressionné que nous ?
R. Bien sûr. C’est la vérité, 12 finales ici est difficile à réaliser, et gagner 10 matches sur 11, c’est difficile aussi à imaginer. Dans notre sport, nous n’avons pas beaucoup de temps pour penser à ce qui s’est passé ou ne s’est pas passé. Il faut continuer à avancer. J’ai gagné aujourd’hui. Demain, je dois disputer un autre match. J’ai gagné hier. Hier j’ai très bien joué et j’ai été confronté aujourd’hui à un autre excellent adversaire. C’est toutes ces choses que je fais, partout, mais surtout dans cette saison de terre battue. Lorsque je prendrai ma retraite, j’aurai sans doute plus de temps pour y penser, pour réaliser toutes les choses difficiles que j’ai faites.

Q. Depuis que je vous connais, vous n’aimez pas comparer. Mais les gens nous demandent : « Est-ce que Rafa est meilleur maintenant qu’il y a cinq ou six ans » ? Un peu plus lent, mais plus sage, un meilleur second service, pouvez-vous nous aider à leur répondre ?
R. Vous êtes en train de répondre… Je sais ce que je ressens. Que j’ai perdu certaines choses et que j’ai progressé pour d’autres. C’est tout. La seule chance de continuer à gagner toutes ces années est de faire progresser les choses dont vous avez besoin. Mais pendant cette période, j’ai aussi perdu des choses en cours de chemin. Je ne sais pas si je suis meilleur ou pire, mais j’ai adapté mon jeu au temps modernes, c’est pour cette raison que je continue à gagner.

Q. 16 jeux perdus en huit sets. Vos adversaires sont moins bons qu’à l’époque ?
R. Je ne peux pas répondre. Il se passe des choses, et il y a toujours une raison qui explique ces choses. Mais ce n’est pas facile d’identifier ces raisons. J’ai très bien joué jusqu’à aujourd’hui. Je ne peux pas vous dire ce qui s’est passé de l’autre côté du filet. Il y a toujours un équilibre qui se met en place. Quand un joueur joue bien, on a l’impression que l’adversaire ne joue pas bien. Quand on joue bien, on a l’impression que le match est plus facile ou que l’adversaire n’est pas si bon. Quand je ne joue pas bien, j’ai l’impression que tous les adversaires sont très forts. Mais si je joue bien, l’adversaire est difficile, mais je sens que j’ai de meilleures chances. Il y a toujours un équilibre entre les deux.

Q. Pouvez-nous nous dire un mot sur chacun de vos adversaires potentiels pour demain ?
R. La finale sera difficile, c’est un Masters 1000, il y a toujours un adversaire de talent. Si c’est Sasha, nous avons joué l’un contre l’autre la semaine dernière. Mais le match sera complètement différent. Si c’est Kei, nous avons souvent fait de beaux matches dans notre carrière. Le match sera difficile. Je dois jouer à mon meilleur niveau si je veux avoir une chance. Le match est important pour moi demain. Etre de nouveau dans une finale après avoir été éloigné des courts est une excellente nouvelle pour moi. Je vais me préparer pour demain. Je vais essayer de jouer un bon match et de me donner une autre chance.

Q. Vous êtes le favori de ces tournois de terre battue depuis 2005 ? Ce statut vous met-il autant de pression maintenant ?
R. Pour être honnête avec vous, peu m’importe si je suis favori ou pas. Sur le court, je fais ce que je peux. Je veux gagner. Que je sois favori ou pas ne compte pas. Pour vous, cela compte, car vous devez écrire votre papier, mais pour moi non. Je dois continuer à jouer à mon meilleur niveau si je veux avoir une chance. C’est ça mon but : bien jouer, gagner mon match, être le meilleur jour après jour, semaine après semaine, année après année. Je ne pense pas au reste. Je pense à me préparer, à bien jouer le premier match, si je gagne le second, puis le troisième… chaque jour est différent. Le favori est toujours le même : c’est celui qui a le trophée entre les mains le dimanche. Avant, vous pouvez écrire, mais cela n’a pas d’importance. La seule chose qui compte est le joueur qui va le mieux jouer cette semaine-là.