Dodig et Krajicek titrés en double

Et soudain, S.A.S le Prince Albert II s’est levé dans sa loge, a placé ses mains en porte-voix autour de sa bouche et a hurlé ses encouragements pour Romain Arneodo et Sam Weissborn. Pourtant, le joueur portant les couleurs de Monaco et son partenaire autrichien venaient de manquer leur première opportunité de break de la finale du double sur un No-Ad et étaient menés 6-0, 4-3 par la paire Dodig-Krajicek. Mais le souverain monégasque n’est pas un sportif émérite et un connaisseur avisé pour rien. Après un début de match cauchemardesque (6-0 encaissé dans le premier set en 23 minutes, 8 points seulement marqués sur 24, 33% de premières balles, 2 points sur service adverse puis 3 balles de 6-0, 3-1 heureusement écartées au deuxième), « son » équipe avait rééquilibré les débats. Et la pression était en train de changer de camp. Pourtant très expérimenté, Ivan Dodig, 38 ans, craqua complètement sur son jeu de service suivant, offrant le break et le set sur deux double fautes.

Romain Arneodo, 89e mondial en double, et Sam Weissborn, 105e, allaient donc disputer un super tie-break en finale d’un Masters 1000, eux qui évoluent en général plutôt sur circuit challenger. Face à une paire 9e et 10e du classement ATP, titrée à Rotterdam, Bâle, Naples et Lyon depuis deux ans et finaliste du Masters 1000 de Paris Bercy en novembre dernier. La magie du tennis. Un super tie-break totalement fou. Arneodo et Weissborn réussirent le premier écart à 6-4, vite effacé. A 8 points partout, Charles Leclerc, pilote Ferrari monégasque et Pierre Gasly, le Français d’Alpine, présents en tribunes, étaient aussi tendus que derrière une safety car pour un re-start à deux tours de l’arrivée d’un grand-prix de Formule 1. A quelques hectomètres du mythique tracé de la Principauté, la pression faisait autant chauffer les neurones que le soleil revenu inonder le court Rainier III.

Romain Arneodo écarta une première balle de match d’un superbe passing de revers croisé. Dodig en fit de même sur un service gagnant. Deuxième chance pour la paire américano-croate : lob dehors de quelques centimètres. Pas plus de réussite pour le Monégasque et l’Autrichien sur leur seconde tentative après un échange accroché. S.A.S le Prince Albert II ne tenait plus en place. Debout, tel un supporter survolté, il en aurait même fait tomber sa veste, aux côtés de Mélanie Antoinette de Massy, présidente de la Fédération Monégasque de Tennis et présidente du Monte-Carlo Country Club et de Nicola Pietrangeli, triple vainqueur du tournoi (1961, 1967, 1968).

Et c’est sur un autre symbole de Monaco que l’épilogue de ce thriller à quatre mains s’est écrit. Un coup de dés. Un revers légèrement trop long. Logique finalement respectée. Rêve d’exploit envolé. Mais souvenirs à jamais.

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