La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Le chemin qui mène au titre du Rolex Monte-Carlo Masters non plus. Seuls les plus talentueux, ou les plus persévérants, sont un jour récompensés. Du haut de ses 19 ans, Joao Fonseca prétend à une place dans la première catégorie, avec son bras de feu, sa science du jeu et son arrivée tonitruante sur le circuit ATP depuis quelques mois. Mais après Jannick Sinner à Indian Wells, Carlos Alcaraz à Miami, le Brésilien a encore buté sur un membre du Top 3, Alexander Zverev (7-5, 6-7, 6-3 en 2h50) ne devenant pas le premier demi-finaliste d’un Masters 1000 né après 2006. L’Allemand, lui, ne manque pas de talent, mais à 28 ans, possède désormais une carte de fidélité déjà souvent tamponnée.
Samedi, il disputera une troisième demi-finale à Monaco, après 2018 (battu par Nishikori) et 2022 (éliminé par Tsitsipas). Tous les quatre ans donc avec une curieuse régularité statistique. Cela sera aussi sa troisième demi-finale en Masters 1000 cette saison puisque Zverev n’a été stoppé que par Sinner, futur double vainqueur, à Indian Wells et Miami. Et précisons d’ailleurs que depuis 1990, il est seulement le quatrième joueur à atteindre la barre des 10 demi-finales de Masters 1000 sur terre battue après Nadal (37), Djokovic (28) et Federer (19). Même David Ferrer est resté bloqué à 9.
Zverev est donc un métronome, mais pour en arriver là, que ce fut compliqué, fastidieux même par moments, contre Joao Fonseca. Un début de match tendu, lent, marqué par beaucoup de fautes des deux côtés. Zverev breaka néanmoins à 5-5 et serra son jeu de service pour s’adjuger le premier set. Il se détacha même 2-0 puis 3-1, mais un trou d’air le traversa alors, tandis que le Brésilien prit (enfin) des risques. Il inscrit 4 jeux d’affilée mais se tendit en servant pour revenir à une manche partout. Reculer pour mieux sauter car plus stable mentalement, Fonseca se montra plus juste dans le tie-break (7 points à 3).
Mais contrairement à son entrée en lice contre Garin, qui avait mené 5-2 au troisième, Zverev ne fut pas cette fois pas le dos au mur et, à l’expérience, fit la course en tête pour finalement s’imposer en trois sets. « On connaît tous le talent de Joao, analysa-t-il ensuite. C’était difficile. D’autant que c’est la première semaine sur terre battue pour tout le monde. Je suis vraiment content d’être en demi-finale. Même si le niveau était fluctuant, je retiens surtout le positif. »
Valentin Vacherot a battu Alex de Minaur 6-4, 3-6, 6-3. En demies, il défiera Carlos Alcaraz.
Le dernier carré du double est connu.
L’Espagnol, facile vainqueur de Bublik (6-3, 6-0) a signé sa 300e victoire sur le circuit.