Tsonga éteint la lumière

Jo-Wilfried Tsonga rêvait sans doute d’un autre « Au revoir » au Rolex Monte-Carlo Masters. Sa tournée d’adieu, même s’il en réfute le terme, jusqu’au clap de fin de son immense carrière après Roland-Garros, a débuté sans éclat et dans le froid, sous les projecteurs et dans la nuit. Programmé en dernier match sur le court Rainier III, en guest star, le Français pourra peut-être maudire Fabio Fognini, Alexander Bublik et Jannick Sinner, tous vainqueurs en trois sets et plus de deux heures de leurs matches respectivement contre Arthur Rinderknech, Stan Wawrinka et Borna Coric.

En effet, lorsque Tsonga et Cilic pénétrèrent sur le court central, il était 19h07 et les lumières du stade déjà allumées. Le soleil s’était discrètement éclipsé derrière la Tête de Chien depuis un moment et la température avait chuté d’une bonne dizaine de degrés. Les premiers échanges figèrent encore un peu plus les spectateurs frigorifiés dans leurs corps mais chauds bouillants dans les cœurs. Cilic, implacable, assommait Tsonga avec son service et son coup droit. Après 16 minutes seulement, le tableau d’affichage indiquait 4-0 pour le Croate. Tsonga, très tendu, comme s’il disputait non pas l’un des derniers mais plutôt l’un de ses premiers matches pro, claqua alors (enfin) une énorme première balle à 209 km/h qui sembla le libérer. Mais Cilic ne sortit à aucun moment des rails et conclut le premier set d’une subtile amortie 6-2 en 31’.

Marin Cilic

En début de seconde manche, le cri d’un supporter « Allez Jo, on est avec toi ! » déchira l’atmosphère. En vain. Le Manceau tint jusqu’à 2-1 avant de céder inexorablement. Et comme un symbole, c’est sur un retour de revers (sans doute son coup le moins maitrisé) dans le couloir qu’il rendit les armes. « J’aurais vraiment aimé être plus compétitif, s’excusa-t-il presque au micro du speaker Marc Maury alors que le public scandait des Tsonga ! Tsonga ! Tsonga !  Mais Marin a été très bon, très agressif, ce n’est pas un vainqueur de Grand Chelem (US Open 2014) par hasard. »

Certains fans lui lancèrent alors qu’ils reviendraient le voir l’année prochaine. « Honnêtement, c’était mon dernier match ici rétorqua Tsonga. Mais je garde tellement de merveilleux souvenirs. J’ai vécu des années merveilleuses. Battre Roger Federer à Monte-Carlo (en quart de finale en  2016 avant de s’incliner contre Gaël Monfils en demi-finale) c’était spécial. Mais tous les matches que j’ai joués ici étaient sympas. Le club est fabuleux, on est toujours super bien accueilli, c’est une vraie bouffée d’oxygène pour nous les joueurs après une tournée américaine longue et éprouvante. Alors juste un grand merci à tout le monde pour tout ce que vous m’avez donné… »

Jo-Wilfried Tsonga a alors quitté le court, le tournoi et Monte-Carlo sans une dernière danse des pouces. Mais ceux de tous les gens présents étaient bien levés pour l’accompagner. Jo, ce n’est qu’un au revoir. Rendez-vous à Roland-Garros pour les adieux…

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